"La chambre noire est la prothèse technologique que l'homme a su le plus efficacement adapter à ses besoins psychiques d'assimilation du monde" Serge Tisseron
A l'instar d'un triptyque, Glance est un "hommage" aux trois paires d'yeux, aux 3 acteurs qui composent ce blog. Il s'agit d'abord d'un regard de celle ou celui que l'on croise au hasard des rencontres, figé sur le capteur. C'est le regard de cette femme, de cet enfant, que le photographe scrute, anticipe et immortalise sur la pellicule. C'est l'éloge de "l'Exhibisionniste", au modèle de toutes espèces, qui se donne, avec confiance et générosité, au coeur de l'image, qui ouvre les volets de son âme pour y laisser paraitre, l'émotion qui l'anime, et qui nous est offert à chacun d'exprimer: Mélancolie, tourmente, tristesse, joie, désir, séduction, douceur et tendresse. Merci à ceux là...
Glance, c'est le coup d'oeil du photographe, professionnel ou profane, qui cristalise ses voyages sur du papier glacé, qui jugule l'angoisse du temps qui passe, des traits qui s'effacent, de la camarde qui éloigne. C'est l'esprit de celui qui est derrière l'objectif, et qui au fond ne laisse paraitre de lui, que la brêche émotionnelle, la sensiblité qui l'a saisie, à cet ultime et furtif instant, où l'index, nerveux, a pressé le déclencheur du boitier. C'est le trait d'union entre l'exhibisionniste et le voyeur, posé par ce photographe qui a longuement pensé ce qu'il donne à voir, parcequ'habité par d'incessantes questions éthiques...
Enfin, parce que l'image n'est rien en dehors de sa lecture et qu'il n'y a pas de regard naïf, Glance est aussi un clin d'oeil à toi (oui c'est bien de toi et de ton regard dont il s'agit et que j'appelle), toi, voyeur-se, qui derrière ta lucarne, la main posée sur ta souris, voyage dans ces contrées abstraites, étrangères ou familières, épie le visage de ces inconnus, explore le corps de ces hommes, anonymes et dévêtus, dont tu imagines, peut être, l'histoire...